La cohésion sociale : un enjeu majeur pour les entreprises de demain (et pour la Nation)

Je radote parfois. Mais comme le sujet de la ‘cohésion sociale’ revient souvent dans nombre d’articles ou débats sans qu’au final nous sachions comment nous y prendre pour lui redonner une vigueur qui semble-t-il aurait disparue en même temps que le fameux ‘Sens’. Aussi, me dis-je, comme le sujet est à la mode, il convient donc de s’y attarder un peu.

Convenons tout d’abord que décrire cette fameuse ‘cohésion sociale’ n’a rien d’évident tant on la confond avec le bien-être au travail, la qualité de vie, le climat social, l’engagement ou encore la solidarité, lesquelles résultent à la fois de la politique RH de l’entreprise et des conditions de travail.

Il y a certainement un peu de ça, mais le compte n’y est pas, tant finalement on s’intéresse plus facilement à l’Être physique qu’à l’Être social, c’est-à-dire aux émotions, sentiments, frustrations et désirs plutôt qu’au besoin d’appartenance et à la cohésion sociale. Ce sont pourtant les deux faces d’une même pièce.

Marouflons, énergiquement, le tissu de cette définition pour faire apparaitre le décor dans lequel nos deux Êtres s’animent en se tenant la main. Pour la réalisation de notre Être social, la cohésion sociale est un impératif puisque l’Homme ne survit pas à l’écart de ses congénères, ou pour le dire autrement, sans interaction avec eux !

Or, pour que cette fameuse cohésion sociale fonctionne et se réalise, il faut que le collectif adhère et respecte les interdits et des obligations que la culture impose.

Il y a donc un ordre symbolique (la culture) dont nous ne sommes pas à l’origine mais auquel nous devons nous conformer pour exister, que nous soyons collègue, citoyen, ou membre d’une association par exemple. Cet ordre existait avant moi, il existera après moi, mais dans tous les cas, je devrais en faire mon affaire, puisque celui-ci est fait d’obligations et d’interdits dont j’aurai à me soumettre pour appartenir à un collectif, en partager les valeurs, son histoire, pour enfin, y trouver ma bonne place.

Le sentiment d’appartenance et la légitimité, formant la cohésion sociale, contribuent au bien être psychique du collaborateur, particulièrement mis à rude épreuve par les transformations incessantes qu’exigent le capitalisme nouvellement digitalisé. En évitant le stress social, le collaborateur vit chaque transformation comme une opportunité en donnant le meilleur de lui-même au service du collectif.

Le changement devient lui-même source de renforcement à la fois de la cohésion sociale mais aussi de l’agilité du corps social pour peu que celui-ci n’impacte pas des interdits culturels.